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LE PROPHETE

TOBIAS JONAS CROYANCE CHRISTENSEN

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I AM GOOD, BUT NOT AN ANGEL. I DO SIN, BUT I AM NOT THE DEVIL.

Il était beau, de ses beautés uniques qui font pâlir le soleil. Il avait un visage délicat, presque féminin, de forme ovale, aux mâchoires légèrement carrées, avec un nez droit, des lèvres parfaitement dessinées, des sourcils épais. Il portait les cheveux longs avec un naturel qui forçait l’admiration. Il dépassait la foule d’une bonne tête, et il était bien fait, robuste. Il se tenait droit, presque trop, et pourtant sa démarche restait souple. Il slalomait négligemment entre les passants, se faufilant entre les doigts comme un cours d’eau.

Il était naturel. Il n’y avait aucun artifice chez lui, aucun masque derrière lequel se dissimuler. Sa beauté, c’était l’éclat de ses yeux et la désinvolture de ses sourires. Aucun n’était statique, il souriait comme il riait, tous ses sourires étaient des rires en devenir. Il tressait négligemment ses cheveux ou les relevait en chignon, il y passait la main d’un geste absent lorsqu’une mèche rebelle tombait sur son visage pour en briser la symétrie. Il détonnait par son authenticité. Il s’habillait simplement : jeans, t-shirt et blouson, sweat à l’occasion. Il dégageait un savant mélange de frivolité, de naturel, de désinvolture, d’espièglerie et de douceur, qui lui donnait des airs d’ingénu.

Il était bon. Il avait les yeux les yeux les yeux, mais si clairs si profonds, et si doux, ils semblaient refléter le ciel. Son regard était un enchantement. Il avait dans l’aura quelque chose qui le faisait briller de cette lumière éclatante et modeste. Il aimait le monde et il aimait les gens. Il considérait qu’aucune vie humaine ne valait plus qu’une autre, qu’il n’y avait rien de plus immoral que de désespérer d’un homme, et que la miséricorde était le maître-mot du monde.  

Il était brillant. Il n’était pas de ces intelligences pures et rationnelles, mais plutôt de ces intelligences sensibles, qui connaissent instinctivement avant d’expliciter leurs intuitions par des concepts. Il avait reçu une éducation colossale, et il avait fait de la philosophie l’une de ses passions. Il pensait que cette discipline était fondamentale, car elle apprenait à penser. Comment faire les bons choix si on ignore quel sens donner à sa vie ? Il l’avait enseignée, pendant un temps.

Il était musicien. Il aimait faire courir ses doigts agiles sur les touches d’un piano ou sur les cordes d’une guitare. Dans ces moments-là, il perdait la mesure du temps, du monde, de la contenance et de toute autre chose auxquelles on veille habituellement, et il s’abîmait dans la poésie des sons qui le soulageait aussi surement que l’alcool dans lequel il s’était noyé trop souvent. La musique lui servait d’opium comme de contrepoison, il s’y oubliait comme il s’y révélait. Il était musicien, danseur, chanteur, acteur, comique, il aimait le spectacle et le show, il aimait transpirer jusqu’à se dissoudre, s’égosiller à se briser les os. Il avait su garder sa jeunesse, son espièglerie et son goût de la fête. Il avait si longtemps revêtu l’humour comme une armure qu’il lui était impossible de s’en dépêtrer. Ses pics étaient acérés, sa langue aiguisée. Il aimait toujours autant la fête, la nuit, la danse.

 

Il était croyant. A son cou pendaient deux croix : la première, de taille moyenne, incarnait sa foi inébranlable, son espoir fou en une justice divine et un amour inconditionnel, son abandon à l’absurde grandiose d’un Dieu absolument miséricordieux, et sa reconnaissance éternelle envers celui qui avait sacrifié son fils unique pour racheter les péchés de l’humanité. L’autre, noire et abimée, était une croix huguenote, croix qu’il avait ramassée sur le cadavre carbonisé de son père ; elle incarnait les dangers de l’obscurantisme, du fanatisme, la face sombre et inavouable de la foi, le dégoût du monde réel pouvant mener aux pires extrémités – en somme, tout ce qu’il craignait de devenir.Il avait rejeté l’obscurantisme religieux et le manichéisme moral dans lequel il avait grandi, mais jamais il n’avait cessé de croire. « je crois qu’au fond du temps qui passe et de tous les rêves des hommes, il y a quelque chose de plus fort et de plus profond, quelque chose qui leur donne leur poids, quelque chose qui leur donne leur sens, et que tu ne connais pas » « Et qu’est-ce que c’est, d’après toi ? » « C’est l’amour ». Et il se mit à chanter, car la musique est la langue des anges.

Il était abîmé. Son corps tout entier était parsemé de cicatrices : certaines, discrètes, effacées, n’étaient perceptibles qu’au toucher ; d’autres, proéminente et pâles, zigzaguaient sur son torse ou striaient son dos. Au coin de son front trônait une petite croix blanche. De temps en temps le flux énergique de ses veines faisait ressortir, le long de son cou, une vieille lésion, un collier violacé, rouge et blanc. Tobias était un guerrier, c’était écrit dans tout son corps. Sous ses habits roulaient des muscles puissants. Il avait le corps robuste mais osseux, athlétique et vigoureux, comme un cheval nerveux prêt à courir. S’il semblait désinvolte, sa démarche et son maintien disait ses instincts guerriers, sauvages, puissants, son éducation stricte, martiale, surannée. Il avait une totale maîtrise de ses gestes, son corps tout entier répondait à des instincts de combats immémoriaux. Et sa connaissance parfaite des arts martiaux n’était pas que théorique. Derrière le bleu lumineux de ses yeux se cachait une obscurité sourde, profonde, le poids étouffant de toutes les horreurs qu’il avait enduré et qu’il avait rendu. Bien plus qu’un guerrier, Tobias était un tueur en quête de pardon, et ses blessures étaient bien plus profondes qu’elles n’étaient visibles.

GOD CREATES OUT OF NOTHING. WONDERFUL YOU SAY. YES, TO BE SURE, BUT HE DOES WHAT IS STILL MORE WONDERFUL: HE MAKES SAINTS OUT OF SINNERS hhhhhhh

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EH BIEN ! JE SUIS CONTENT, DIEU, SI JE SOUFFRE SEUL ! 

EH BIEN ! JE TIRE A MOI TOUS LES PLIS DU LINCEUL 

POUR QU’IL N’EN FLOTTE RIEN SUR LA TETE DES AUTRES ! 

EH BIEN ! JE NE SAIS PAS QUELLES LOIS SONT LES VOTRES, 

MAIS, DANS MON ANATHEME ET MON ACCABLEMENT, 

JE LE DIS, PUISSE, O DIEU DU PROFOND FIRMAMENT, 

DU FOND DE MA NUIT NOIRE, EN CE MONDE OU NOUS SOMMES, 

MON MALHEUR RAYONNER EN BONHEUR SUR LES HOMMES ! 

(...) OH ! QUE JE SOIS CELUI QUI PLEURE ET QUI RACHETE ! 

LAISSEZ-MOI VOUS PAYER LEUR RANÇON EN CACHETTE.

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MOI SI J’AVAIS COMMIS TOUS LES CRIMES POSSIBLES
JE GARDERAIS TOUJOURS LA MEME CONFIANCE
CAR JE SAIS BIEN QUE CETTE MULTITUDE D’OFFENSES
N’EST QU’UNE GOUTTE D’EAU DANS UN BRASIER ARDENT

OUI, J’AI BESOIN D’UN CŒUR, TOUT BRULANT DE TENDRESSE
QUI RESTE MON APPUI, ET SANS AUCUN RETOUR
QUI AIME TOUT EN MOI, ET MEME MA FAIBLESSE

NON, JE N’AI PU TROUVER NULLE AUTRE CREATURE
QUI M’AIMAT A CE POINT, ET SANS JAMAIS MOURIR
CAR IL ME FAUT UN DIEU QUI PRENNE MA NATURE
QUI DEVIENNE MON FRERE, ET QUI PUISSE SOUFFRIR

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IT MATTERS NOT WHAT SOMEONE IS BORN, BUT WHAT THEY GROW TO BE.

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