MICKAËL CEDRIC CHRISTENSEN

Et en creusant ainsi son âme, quand il vit quelle large place la nature y avait préparée aux passions, il ricana plus amèrement encore. Il remua au fond de son cœur toute sa haine, toute sa méchanceté ; et il reconnut, avec le froid coup d’œil d’un médecin qui examine un malade, que cette haine, que cette méchanceté n’étaient que de l’amour vicié (…) Alors il rit affreusement, et tout-à-coup redevint pâle, en considérant le côté le plus sinistre de sa fatale passion, de cet amour corrosif, venimeux, haineux, implacable, qui n’avait abouti qu’au gibet pour l’une, à l’enfer pour l’autre : elle condamnée, lui damné. (...).
- Notre Dame de Paris, Victor Hugo

Hello darkness, my old friend. The devil is real. And he's not a little red man with horns and a tail. He can be beautiful. He wore his hatred like a cruel second skin. Because he's a fallen angel. And he used to be God's favorite. Did God cry over his lost angel. I wonder ? He smiled the way Lucifer might have smiled, moments before he fell from Heaven. Some people thrive in chaos, because chaos is all they know. Burn it all ! If I cannot move heaven, I'll raise hell. I am a demanding creature. Haven't I fallen far enough? I will fuck the world up. I could set this world on fire and call it rain. I am selfish and cruel and extremely unreasonable. I am free of all prejudice. I hate everyone equally. Your mother is never coming back. To love is to destroy. We just want the world to love the little monsters that we are. Your father will never love you, the only reason he wanted you was to use you. You wanted a brother so badly, because at least you'd have someone to share in the pain. I might as well be covered in blood or sewage, the way people treat me. Your brother will never understand you.
.I'M THE VILLAIN OF THIS STORY

O DIEU, QUAND JE SUIS NÉ, VOUS NE REGARDIEZ PAS. (…)
JE SUIS LA CREATURE IMMONDE ET REDOUTÉE.
LA TERRE NE M’A PRIS QUE POUR ME REJETER. (…)
JE SUIS LE SOUFFLE PESTE ET LE TOUCHER POISON ;
JE SUIS DANS UNE PLAIE UN ESPRIT EN PRISON,
AME QUI PLEURE AU FOND D’UNE FANGE QUI SAIGNE,
JE SUIS CE QUE LE PIED FOULE, ECRASE ET DEDAIGNE,
L’ORDURE, LE REBUT, LE CRAPAUD DU CHEMIN,
LE CRACHAT DE LA VIE AU FRONT DU GENRE HUMAIN.
JE ME TORDS, ENVIANT LA BEAUTÉ DES CHENILLES. (…)
J'AI BEAU ME RETOURNER SUR LA CENDRE OÚ JE COUCHE,
JE RESSEMBLE AU REMORDS QUI NE PEUT PAS DORMIR.
QUAND JE SORS, MA MAISON A L’AIR DE ME VOMIR ;
QUAND JE RENTRE, JE SENS ME RESISTER MA PORTE.
TOUT EST VOTRE PENSÉE ET JE SUIS VOTRE OUBLI,
SEIGNEUR ; LE MAL ME TIENT SOUS SA GRIFFE CRUELLE. (…)
SEIGNEUR ! SEIGNEUR ! JE SUIS DANS LE CACHOT MISÈRE.
LA CREATION VOIT MA FACE ET DIT : DEHORS !
LA VILLE DES VIVANTS ME REPOUSSE, ET LES MORTS
NE VEULENT PAS DE MOI, DEGOUT DES CATACOMBES. (…)
DIEU ! JE NE SUIS PAS MORT ET NE SUIS PAS VIVANT.
JE SUIS L’OMBRE QUI SOUFFRE, ET LES HOMMES TROUVANT
QUE POUR L’ETRE QUI PLEURE ET QUI RAMPE ET SE TRAINE,
C’ETAIT TROP PEU DU CHANCRE, ONT AJOUTÉ LA HAINE.
LA FIN DE SATAN, VICTOR HUGO




ANGE PLEIN DE BONTÉ, CONNAISSEZ-VOUS LA HAINE,
LES POINGS CRISPES DANS L'OMBRE ET LES LARMES DE FIEL,
QUAND LA VENGEANCE BAT SON INFERNAL RAPPEL,
ET DE NOS FACULTÉS SE FAIT LE CAPITAINE ?
ANGE PLEIN DE BONTÉ CONNAISSEZ-VOUS LA HAINE ?

Il était beau, beau comme un ange. Son visage était parfaitement symétrique, sa bouche pulpeuse, ses cheveux d'un blond pâle évanescent. Pas le moindre défaut sur sa peau parfaite, il avait des aires de jeunes premiers des tableaux de la renaissance. Il y avait, dans sa façon de parler, d'agir, un charme, une élégance, qui ne laissait personne indifférent et qui suscitait la confiance. Il était à l’aise. Quand il souriait, c'était un grand sourire, élégant, lumineux, presque timide, il tiquait de la joue droite comme s'il était gêné. Il était beau, si beau, qu'il en était laid.
Ses yeux étaient le premier indice. Ils étaient noirs, mais d'un noir mat. Ils ne trahissaient rien, aucune émotion, aucune profondeur, ils étaient aussi opaques qu'un couvercle, un mur entre le monde et son âme, entre la terre et le ciel. Une fois qu'on avait vu ses yeux, son charme ne laissaient plus la place qu'à un désagréable sentiment de malaise, le sentiment que quelque chose clochait, un petit quelque chose sur lequel on ne pouvait pas poser le doigts, une fêlure dans une vitre rendue invisible par les reflets du soleil.
Et à partir de là, tout sonnait faux. A partir de là, chaque mot qu'il prononçait, chaque sourire qu'il offrait dégageait une aura nauséabonde. L'instinct comprenait bien avant la raison : un mélange de fascination et d'horreur vous prenez aux tripes. L’instinct en premier susurrait à l’oreille fuis !, faisait s’accélérer le cœur, monter l’adrénaline, se dresser les cheveux sur la nuque, se serrer l’estomac. Puis intervenait la raison, l’habitude du confort, de la sécurité, la méfiance envers les préjugés, mais non, il est tout à fait normal. Mais l’instinct ne trompe pas. C'est à peine s'il ne donnait pas la nausée rien qu'à le regarder, l'enfant chéri de Lilith.
C’est que sous son masque se cachait le monstre, hideux, décharné, brûlé, car si le diable se montre sous les plus beaux atours, on eût dit un géant brisé et mal ressoudé.
Enfant déjà, il ne pleurait ni ne riait. Sa mère ne l’avait pas enfanté, elle l’avait crachée, pressée de s’en débarrasser. Son corps l’avait rejeté avec toute la violence dont il était capable. La volonté de l’esprit de la mort incarné, oui, que j’ai mis au monde pour couvrir la terre de ses victimes. Puissent toutes les malédictions de l’existence s’abattre sur lui ! Puissent ses souffrances Le mener toujours plus loin vers la désolation !
Il aimait déjà à jouer avec des couteaux, il courrait après les chats et s’amusait à les jeter contre le mur arrière de la maison, il attrapait les papillons et leur découpait les ailes, les pliait pour en faire des origamis et voir s’ils pouvaient encore voler. Il était curieux, curieux de voir comment fonctionnait le corps humain et la physique, au point qu’il ouvrit le bras du petit voisin, juste pour regarder les muscles et les os. Il brisa les ailes du faucon de son père. Et il était en colère. Toujours en colère. Contre son père, contre le monde, contre sa mère. Il mit le feu à son étage, puis au temple. Il étrangla la petite voisine car elle n’avait pas voulu jouer avec lui. Il fallut arracher ses petites mains d’enfant de sa gorge. Alors un jour, il fallut le rendre à sa Mère. L’enfer maternel lui ouvrit grand les bras. Puis quelque part en bas, le cri déchirant d’un enfant s’éleva des flammes infernales.
C’est qu’il n’y avait pas d’espoir pour cet enfant maudit. Pas de salut, pas de rédemption. Sa malfaisance était inscrite dans son sang. Pas de libre arbitre, pas de choix, pas d’évolution possible. Il était tout entier au monde et tout entier à sa haine, tout entier à sa nature de souffre, de rage et de désolation. Il n’y avait rien à faire pour cet enfant. Il était une abomination. Haine et désespoir pour seuls attributs, mais le désespoir ne venait-il pas de ce qu’il était condamné à la haine ? Malgré sa rage, sa soif de sang, de vengeance, d’humiliation, il reste qu’il se savait impuissant face à sa propre nature. Dernier degré de l’horreur ! ― L’amour me hait. Inutile de le haïr pourtant. Il n’avait aucune responsabilité, puisqu’il n’avait pas de choix. Le mal n’est le mal que s’il est choisi. Mickaël ne choisissait. Il faisait ce que sa nature lui imposait.
Il savait aimer pourtant. De cet amour corrosif et venimeux, possessif et jaloux, Tu me fais perdre le sens, ô toi, ma soeur, ma fiancée, tu me fais perdre le sens par un seul de tes regards, par un seul de tes joyaux suspendu à tes colliers de cette violence que l’on réserve aux membres de sa famille, à ces êtres qui sont censés nous aimer envers et contre tout, Toi que j'appelais mon frère, comment peux-tu autant me haïr ? pour et malgré ce que l’on est, et à qui l’on est irrémédiablement liés par le sang. Il aimait son frère et sa sœur, car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. Personne d'autre qu'elle et moi. Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls, elle et moi, de ces amours proches de l’inceste.
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DANS LE NOIR JE VOIS ROUGE,
TANT LA DOULEUR EST VIVE,
QUAND LES OMBRES ME SUIVENT,
DANS LE NOIR JE VOIS ROUGE,
J'EFFACERAI L'OUTRAGE,
AUX COULEURS DE MA RAGE

GOLDEN CHILD, LION BOY ;
TELL ME WHAT IT'S LIKE TO CONQUER.
FEARLESS CHILD, BROKEN BOY ;
TELL ME WHAT IT'S LIKE TO BURN.

S o m e m e n j u s t w a n t t o w a t c h t h e w o r l d b u r n
OH, SINNERMAN? WHERE YOU GONNA RUN TO ?
SINNERMAN WHERE YOU GONNA RUN TO ?
WHERE YOU GONNA RUN TO ?
ALL ON THAT DAY
(...) SO I RUN TO THE LORD
PLEASE HIDE ME, LORD
DON'T YOU SEE ME PRAYING ?
DON'T YOU SEE ME DOWN HERE PRAYING ?
BUT THE LORD SAID
GO TO THE DEVIL, THE LORD SAID
GO THE THE DEVIL
HE SAID GO TO THE DEVIL
ALL ON THAT DAY
SO I RAN TO THE DEVIL
HE WAS WAITING, I RAN TO THE DEVIL
HE WAS WAINTING, ALL ON THAT DAY
(...) I SAID LORD, HIDE ME
PLEASE HIDE ME
PLEASE HELP ME, ALL ON THAT DAY
HE SAID, HIDE ?
WHERE WERE YOU ?
WHEN YOU OUGHTA HAVE BEEN PRAYING ?

¡AY MISERO DE MI, AY, INFELICE !
APURAR, CIELOS, PRETENDO,
YA QUE ME TRATAIS ASI
QUE DELITO COMETI
CONTRA VOSOTROS NACIENDO;
AUNQUE SI NACI, YA ENTIENDO
QUE DELITO HE COMETIDO:
BASTANTE CAUSA HA TENIDO
VUESTRA JUSTICIA Y RIGOR,
PUES EL DELITO MAYOR
DEL HOMBRE ES HABER NACIDO.
SOLO QUISIERA SABER
PARA APURAR MIS DESVELOS
DEJANDO A UNA PARTE, CIELOS,
EL DELITO DE NACER,
QUE MAS OS PUDE OFENDER
PARA CASTIGARME MAS.
¿NO NACIERON LOS DEMAS?
PUES SI LOS DEMAS NACIERON,
¿QUE PRIVILEGIOS TUVIERON
QUE YO NO GOCE JAMAS?
Le cerceau tombe qui a tant roulé. Abrah ! Abrah ! Abrah ! Le pied a failli ! Le bras a cassé ! Le sang a coulé ! Fouille, fouille, fouille, Dans la marmite de son ventre est un grand secret, Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ; On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne, Et on vous regarde, On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret. Henri Michaux, Le grand combat