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La boutique « A la tête du client » n’avait pas d’adresse. Elle apparaissait, à travers le monde, partout où elle était demandée, consciemment ou non. Parfois, un pékin errant sans but dans les rues tombait par hasard devant une devanture qui l’attirait inexorablement. A l’intérieur, il trouvait tout ce qu’il avait toujours désiré, car elle s’adaptait parfaitement à son client. 


Un homme asiatique au style extravagant se tenait derrière le comptoir. Ses cheveux noirs ébouriffés étaient parsemés de paillettes. Il avait les yeux maquillés d’eyeliner noir ou doré. Il portait une chemise brillante et un pantalon déchiré, des souliers à talons haut, il avait des yeux de serpents et un sourire de chat.


Un géant noir aux volumes sculptés trônait dans la boutique. Il fallait se tordre le cou pour le regarder en face. Il avait le visage émacié, les pommettes tranchantes, un port de cou aussi noble qu’un prince. Il portait un costume excentrique, violet ou rouge, à rayures ou à carreaux, une canne à pommeau, un boa et un chapeau haut de forme. A ses doigts, mille et une bagues.


Un garçon aux longs cheveux verts vêtu d’une veste chinoise, un barbu aux longs cheveux blonds, tout comme la boutique, le gérant s’adaptait à la tête du client.  

ON A GATHERING STORM COMES A TALL HANDSOME MAN
IN A DUSTY BLACK COAT WITH A RED RIGHT HAND

HE'LL WRAP YOU IN HIS ARMS, TELL YOU THAT YOU'VE BEEN A GOOD BOY
HE'LL REKINDLE ALL THE DREAMS IT TOOK YOU A LIFETIME TO DESTROY

 

HE'S A GOD, HE'S A MAN, HE'S A GHOST, HE'S A GURU

THEY'RE WHISPERING HIS NAME THROUGH THIS DISAPPEARING LAND 
BUT HIDDEN IN HIS COAT IS A RED RIGHT HAND

 

YOU DON'T HAVE NO MONEY ? HE'LL GET YOU SOME

YOU DON'T HAVE NO CAR ? HE'LL GET YOU ONE

YOU DON'T HAVE NO SELF-RESPECT, YOU FEEL LIKE AN INSECT
WELL DON'T YOU WORRY BUDDY 'CAUSE HERE HE COMES
THROUGH THE GHETTOS AND THE BARRIO AND THE BOWERY AND THE SLUM
A SHADOW IS CAST WHEREVER HE STANDS

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Il était anonyme.  Il n'avait pas pu se résoudre à choisir un nom parmi tous ceux qu'il avait porté. Il avait voulu se cacher derrière un masque, mais il risquait de s'y noyer. â€‹ Il était excentrique. C'était  sa marque de fabrique.  Quand on a tout vu, tout vécu, tout essayé alors la banalité ne suffit plus.  â€‹Il était espiègle. Il avait été l'enfant d'un démon et celui d'un ange, et maintenant qu'il s'était éveillé, il était l'un et l'autre, joueur comme farfadet, moqueur comme une fée.  Il était hédoniste. Il était sans attaches, sans famille, sans personne à protéger ou à décevoir. Seul restait le plaisir, le bon temps pour passer le temps. Il était égoïste. Il avait vu et vécu trop d'horreurs pour ne pas savoir comment marche le monde. Les gens meurent, et avant, ils souffrent. Ainsi va le monde.  â€‹Il était altruiste. Il avait vu et vécu trop d'horreurs pour ne pas savoir ce qu'est le désespoir d'être abandonné à son sort. â€‹ Il était multiple. Il avait eu trop de vies, trop de noms pour être unique et régulier. Il était trop complexe pour ne pas se contredire soi-même. â€‹Il était seul. Tous ceux qu'il avait aimé étaient partis et l'avaient laissé derrière, le ciel les avait emportés et avait refusé de les lui rendre. Et il savait qu'il en serait de même pour ceux qu'il aimerait à l'avenir. â€‹Il était hanté. Ses souvenirs lui pesaient et l'alourdissaient. Parfois il n'arrivait plus à avancer et il s'arrêtait, il regardait le monde bouger et les gens vivre, tandis qu'il restait figé.​ Il était immortel, et Dieu sait que cela lui pesait. Mais il ne voulait pas mourir. 

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CALL ME

ALIAS BEWARE 

J'AI LE BIG BANG SUR LE BOUT DE LA LANGUE,

J'AI LE MONDE SUR LE BOUT DE MES DOIGTS,

C'EST COMME ÇA, LA VIE AVEC MOI,

 JE M'Y BAIGNE COMME JE M'Y NOIE. 

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C’était un homme aussi complexe que son nom était unique : il était excentrique, joueur, moqueur, contradictoire. Un apax dans toute sa splendeur, aussi fou que génial – car après tout, il n’y a qu’un pas de l’un à l’autre ; et il slalomait à la frontière, sautant à pieds joints ou trottinant, cascadant, dégringolant parfois. Il avait le regard piquant de ces éternels enfants, avec cependant cette douceur que seuls connaissent les grands-pères.

​

Il avait porté mille visages, et il n’en n’avait abandonné aucun. Il tenait à chacun d’entre eux comme à la prunelle de ses yeux. A chaque visage sa tenue, son sourire, son rire, son attitude. En vérité, il changeait de personnalité et de visage comme de chemise. Il gardait cependant ce savant mélange d’orgueil, de paillettes, de folie et d’humour. Il mettait un point d’honneur à soigner son apparence, sa tenue, son maquillage. Tantôt, il optait pour des yeux rouges aux paupières bridées, regard souligné de mascara à paillette et d’eyeliner, cheveux noirs dressés à la porc épique, peau dorée, verni à ongle, slim moulant et troué, richelieu à talons et semelles rouges, veste officier noire et rouge ou autre accoutrement qui le faisait briller comme un vers luisant. Tantôt, il optait pour ce sublime corps de géant à la peau noire de nuit, aux muscles si parfaitement creusés, et il l’agrémentait de bagues et de boucles d’oreilles d’or et de bois, d’une chemise bleu électrique ou d’un costume violet, d’un chapeau haut de forme, d’un boa – au sens propre ou figuré - d’une canne à pommeau excentrique, il levait haut le menton et, surpassant la foule d’une bonne tête et demie, il accordait au monde le droit d’admirer toute sa splendeur. Lorsqu'il était d'humeur maussade, il abandonnait les excentricités, et revenait à la simplicité, à l'élégance et au flegme britannique qu'un quinquagénaire en costume cravate, boitant, mais dont le sourire, bien que rare, trahissait sa malice naturelle. Moins souvent, il revêtait le visage d’un jeune homme, beaucoup plus simple, beaucoup plus naturel, un jeune homme qui pourtant avec de longs cheveux verts, un regard vif, un sourire lascif, le corps parsemé d’écailles et un ardant désir de liberté. Alors il disparaissait, quelques jours, quelques mois, quelques décennies.  

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MAIS QUE LE CIEL ME PARDONNE

QU’ON ORDONNE, QUE L’ON CONDAMNE

JE NE RENDRAI PAS LES ARMES.

​

INQUISITEURS, CITOYENS

JE NE VOUS DOIS RIEN

JE SUIS UN LIBRE-PENSEUR

UN TRUBLION, UN EMMERDEUR

​

MESSIEURS LES JUGES LES PROCUREURS

NON, JE N’AI CURE DE VOS ASSISES

JE SUIS ASSIS SUR VOTRE HONNEUR

ET VOS VALEURS QUE JE MEPRISE

​

DANS LE FLOT DE VOS CENSURES

MA VIE RESTE UNE AVENTURE

OU JE N’EN FAIS QU’A MA GUISE

SI MA FOLIE N’EST PERMISE

ELLE N’EN EST QUE PLUS EXQUISE

​

INQUISITEURS CITOYENS

GARDIENS DOCILES DU BIEN COMMUN

SORTIR DE VOS DROITS CHEMINS

ME FAIT TANT DE BIEN

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C’était un hédoniste, il aimait jouir de tous les plaisirs que la vie avait à lui offrir : la beauté, la fête, l’ivresse, le sexe. C’était d’ailleurs au nom de ce dernier qu’il avait renoncé à revêtir ses corps de femmes : il préférait de loin le plaisir de l’homme, plus simple, plus fréquent quoique souvent moins profond, moins violent. A l’occasion il se permettait quelques exceptions. Il aimait jouir de tous les plaisirs que la vie avait à lui offrir, parce qu’au fond, il n’avait que ça. Il ne s’autorisait plus les moments de bonheur véritable : moins fugaces, ils emportaient en partant trop de lui-même ; il s’effritait à chaque deuil, chaque adieu, chaque trahison, chaque déception, ce qui érafle les autres me déchire… Il avait renoncé à fréquenter durablement tous ceux qui n’étaient pas éternels, et il se méfiait plus encore de ceux qui l’étaient. Il avait pour tout un chacun à la fois beaucoup d’amour et beaucoup d’indifférence. Il aimait tout et tout le monde, mais ne voulait surtout pas les aimer de trop près. C’est pourquoi ses relations humaines se limitaient à ses clients, à ses amants et – c’était sa faiblesse – ses protégés. Son cœur de père contrarié ne pouvait s’empêcher de s’attacher à de jeunes créatures, sorciers, vampires, enchanteurs ou fées, perdus, désemparés, qu’il prenait sous son aile le temps de leur apprendre à voler. Mais il mettait un point d’honneur à ne s’attacher à rien, à ne s’ancrer dans aucune époque, à n’appartenir à aucun monde. Il allait et venait, tel un spectre, absent de cet univers et pourtant pesant si lourdement sur lui. 

​

Car il avait beau vouloir son existence légère et insignifiante, il avait joué de nombreux rôles bien graves. Il avait porté mille et un noms, certains anecdotiques et insignifiants, d’autres qui étaient restés dans les légendes, Ego, Alias, Papa Legba, Beware, Myrddin, Aymé, Prométhée, Virgil, et, le premier d’entre eux, Samyaza. On disait de lui qu’il était le plus puissant magicien jamais connu, qu’il était aussi vieux que le monde, la mémoire de l’humanité, le gardien des sorts, un ange rebel, un éternel exclu, aussi insaisissable qu’une méduse, aussi fou qu’un aveugle sur un monocycle, aussi seul qu’un père orphelin, aussi coupable que Lucifer, à l’origine du Déluge – rarement on le remerciait pour la connaissance, la science, les outils, le feu, l’alchimie. Mais il n’avait pas pu se résoudre à abandonner les ingrats qui n’avaient mis que quelques millénaires à l’oublier. Il continuait de répondre à l’appel – littéralement. Il était passé au téléphone. Parfois cependant quelqu’un l’invoquait à l’ancienne, à un croisement de routes. Et il se sentait revivre.

​

C'EST LA FETE DE TROP !  

MOI JE L'AI FAITE, DEFAITE ET ÇA JUSQU'AU FIASCO,

C'EST LA FETE DE TROP !

REGARDE JE LUIS DE PAILLETTES ET ME REDUIS AU CHAOS.

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MY DEAR, SWEET CHILD,  THAT'S WHAT I DO, IT'S WHAT I LIVE FOR, TO HELP UNFORTUNATE MERFOLK LIKE YOURSELF, POOR SOULS WITH NO ONE ELSE TO TURN TO. I ADMIT THAT IN THE PAST I'VE BEEN NASTY, THEY WEREN'T KIDDING WHEN THEY CALLED ME,  WELL, A WITCHBUT YOU'LL FIND THAT NOWADAYS, I'VE MENDED ALL MY WAYS, REPENTED, SEEN THE LIGHT, AND MADE A SWITCH  TO THIS. AND I FORTUNATELY KNOW A LITTLE MAGIC, IT'S A TALENT THAT I ALWAYS HAVE POSSESSED, AND DEAR LADY, PLEASE DON'T LAUGH, I USE IT ON BEHALF OF THE MISERABLE, THE LONELY, AND DEPRESSED. POOR UNFORTUNATE SOULS,  IN PAN, IN NEED, THIS ONE LONGING TO BE THINNER, THAT ONE WANTS TO GET THE GIRL, AND DO I HELP THEM ? YES, INDEED. THOSE POOR UNFORTUNATE SOULS, SO SAD, SO TRUE, THEY COME FLOCKING TO MY CAULDRON, CRYING, "SPELLS, URSULA, PLEASE!", AND I HELP THEM, YES I DO ! lkhhlkhlhlkhll
 

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